Rituel d'écouture #27 : Anna

Quatre questions à un audio-lecteur. Une expérience marquante de première écoute, les petits moments de loisirs qui accompagnent la lecture, un rituel d'écoute original : Book d'Oreille s'intéresse aux habitudes des amateurs, fans et autres accros des livres audio. Aujourd'hui, c'est Anna qui nous fait part de ses habitudes de lecture.

Book d'Oreille : Quelle a été votre première expérience des livres audio ?

Ma toute première expérience doit remonter à mon enfance. Dans mon pays, la Pologne des années '80, j'écoutais à la radio des histoires lues par des acteurs tous les soirs - j'ai adoré ces moments. Mais avec le temps, j'ai perdu cette routine. C'est il y a à peine trois ans que j'ai redécouvert cette manière de plonger dans un livre et j'ai tout de suite repris mes habitudes !
Le premier livre « pour adulte » était La dernière trace de Charlotte Link (en polonais) et Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol (en français). J'écoute les livres audio dans les deux langues : dans ma langue maternelle pour ne pas l'oublier ou pour voir comment elle évolue et en français pour parfaire ma langue d'adoption !

B. d'O. : Quel est votre rituel d'écoute ?

J'en ai beaucoup ! D'abord, pour aller et revenir du travail, ce qui représente à peu près une heure d'écoute. Ensuite, à la maison, dès que je dois faire le ménage, préparer à manger, repasser, bref, faire des tâches répétitives où je n'ai pas besoin de réfléchir, je me balade partout avec mon baladeur MP3. Je fais donc toutes ces corvées plus volontiers et j'ai trouvé un certain plaisir à repasser les chemises de mon mari !
Sinon, sur de longs voyages : en vacances ou pour partir en Pologne - on arrive seulement à écouter de courtes histoires sinon on est dérangés par les enfants.
J'aime bien aussi écouter quand je n'arrive pas à dormir et que je ne veux pas ou ne peux pas allumer la lumière. C'est vraiment surprenant comme expérience !

B. d'O. : Quel est votre meilleur souvenir d'audio-lecture ?

Il est relativement récent, c'est Au revoir là-haut de et lu par Pierre Lemaitre que j'ai écouté il y a trois mois. Au début j'étais sceptique par rapport à ce livre, mais en version audio, le livre a abolit certains de mes préjugés. Premièrement, sur la guerre 14-18 : je ne suis pas d'origine française et cela me surprend toujours ô combien les Français ont été (et le sont toujours !) traumatisés par cette première grande guerre, ce qui se traduit par leur façon d'en parler et d'y revenir en permanence. Dans ce livre, on n'y échappe pas non plus, mais l'auteur décrit en particulier le temps après cette guerre, comment les ex-soldats s'en sortait (ou pas) après et ceci d'une façon, de premier abord assez frivole, mais finalement bien complexe, en détail et très intéressante.
Deuxièmement, étant une grande « consommatrice » des livres audio, j'ai mes préférences quant aux voix, donc quant aux choix des acteurs qui sont censés lire et surtout interpréter des ouvrages. Je dois avouer qu'il arrive que les auteurs qui lisent leurs œuvres ne le fassent pas bien. Certes, ils connaissent leurs livres mieux que quiconque, mais lire à haute voix un livre est tout un art qui n'est pas donné à tout le monde. Et là, une vraie et très agréable surprise : je n'aurais jamais parié que Pierre Lemaitre le fasse si bien, qu'il y donne tant de vie, qu'il interprète avec tant d'engagement, tant d'engouement. J'ai passé dix-sept heures étant sur mon petit nuage, tout là-haut… !
De plus, j'étais en train d'écouter ce titre quand nous sommes allés en famille à Paris au Salon du livre 2014. Sur le stand d'Audiolib, j'ai rencontré son auteur : une rencontre inoubliable, pleine d'émotions, tant pour moi que pour l'auteur qui était très content et ému de me faire un autographe sur le livre audio !

B. d'O. : Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un nouvel audio-lecteur ?

Je pense que pour apprécier le premier livre audio, il faut commencer par un auteur que l'on connait et apprécie ou par un titre que l'on veut lire depuis longtemps – et on n'arrive pas, faute de temps. Il faut avoir un certain intérêt et une volonté d'essayer.
Ensuite, il faut trouver son propre moment de la journée (ou de la nuit) où l'on n'est pas dérangé (il ne faut pas pour autant s'isoler !). Il faut aussi trouver son genre de littérature et type de voix que l'on aime. Personnellement, j'ai du mal à me concentrer sur les voix trop graves.
Les genres que j'aime beaucoup en version audio (alors que je ne les lis jamais en livre classique) ce sont des livres policiers et thrillers, ou encore des livres du terroir. Je n'aurais jamais misé dessus car j'avais des préjugés sur cette littérature, comme quoi, les préjugés… il faut vraiment essayer pour faire sa propre opinion !


À propos d'Anna :

Maman de deux jeunes enfants, traductrice franco-polonaise, quasi-quadra, en perpétuelle recherche :
  • de temps pour concilier sa vie familiale et professionnelle ;
  • de mots justes et précis dans ses traductions.
Je suis passionnée d'expériences enrichissantes et non conventionnelles dans la communication, dans les échanges avec les autres : j'ai appris la langue des signes dans le but de parler avec les yeux et les mains, et j'écoute des livres audio pour voir avec mes oreilles et mon imagination.

Nous remercions chaleureusement Anna d'avoir répondu à nos questions.


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