Rituel d'écouture #2 : Elisabeth

Quatre questions à un audio-lecteur. Une expérience marquante de première écoute, les petits moments de loisirs qui accompagnent la lecture, un rituel d'écoute original, Book d'Oreille s'intéresse aux habitudes des amateurs, fans et autres accros des livres audio. Aujourd'hui, c'est Elisabeth du blog Conduite en état livresque qui nous fait part de ses habitudes de lecture.

Book d'Oreille : Quelle a été votre première expérience des livres audio ?

Elisabeth : Je devais être un foetus. Ma mère écoutait «Le lac des cygnes», «Le petit prince», «Pierre et le loup», etc, quand elle était enceinte. Ensuite, j'ai toujours écouté des livres. Mes premiers vrais souvenirs sont sûrement la série des Raconte-moi des histoires (adaptations de contes, de légendes, d'histoires populaires interprétées par de grandes voix comme Martine Sarcey, Michel Elias, Catherine Laborde, François Chaumette, Jean Barney, et tant d'autres ! ) ; mais aussi ce que j'appelle les audio-disney, c'est-à-dire des passages des films Disney narrés par des noms comme Jean Rochefort, Catherine Deneuve, Jean Amadou, Geneviève Casile, Philippe Noiret, Jean Topart, Roger Carel, etc. Concernant les éditeurs audio, dans les années 90, j'ai découvert certains livres édités par La Voix de Son Livre (qui n'existe plus), Livraphone, VDB... J'ai donc connu le disque, la cassette, le format Wave, puis le MP3. J'ai eu très peur quand la cassette s'est raréfiée : arrêter le lecteur et revenir au début du CD me terrifiait ! ;-) Et puis, mon mari a dédramatisé la chose en m'offrant un lecteur MP3 qui reprend là où on s'arrête. Maintenant, je suis ravie de ma clé MP3 où je peux mettre une vingtaine de livres, et que je peux emmener partout, tant elle est légère ! Idem pour couper des fichiers : MP3directcut est plus pratique que le magnétophone à double-cassette. ;-)

B. d'O. : Quel est votre rituel d'écoute ?

E. : Quand un résumé m'attire, je cherche le nom du lecteur. Quand le lecteur me plaît ou que je ne le connais pas, j'emprunte ou achète le livre. Je le copie sur mon disque dur, puis je regarde la structure. J'aime savoir combien il y a de parties, de chapitres, s'il y a un prologue et un épilogue. Si les numéros des chapitres recommencent à partir de 1 à un changement de partie, j'aime savoir combien chaque partie comporte de chapitres. (Je suis un peu maniaque. ;-) ) J'écoute toujours la présentation : titre, auteur, etc. Lorsque le livre est enregistré par des bénévoles, il y a souvent une courte biographie de l'auteur. Quand le livre est publié par un éditeur audio, je regarde rapidement (en écoutant le début de chaque piste), si la musique est trop longue à mon goût. S'il y a trop de musique pour moi, je prends le temps de la couper. Cela prend du temps, mais les musiques m'agacent énormément.
Je zappe toujours les dédicaces, les citations, etc. Lorsque le livre est enregistré par des bénévoles, ces éléments sont dans des fichiers séparés nommés «dédicace», «citation», etc. Je les efface purement et simplement. Il y a une bibliothèque qui annonce «début du livre» et «fin du livre», j'enlève ces fichiers, car je trouve très énervant d'entendre cela. J'ai l'impression qu'on me prend pour une andouille.
Je lis dès que je peux : en répondant aux mails, en préparant mes cours, en faisant du vélo elliptique, en mangeant (lorsque je mange seule), et bien sûr, le soir, avant de m'endormir ! En effet, je peux faire deux choses à la fois, ce qui me permet de lire énormément.
Étant boulimique (de livres), et le livre audio n'étant pas assez répandu à mon goût (je ne lis qu'en audio), je m'approvisionne à la bibliothèque de ma ville pour les ouvrages édités dans le commerce. J'ai également le privilège de faire des partenariats avec les éditions Audiolib et Thélème. Par ailleurs, je suis abonnée à six bibliothèques sonores pour lesquelles des lecteurs enregistrent bénévolement. J'esclavagise également mon mari qui m'enregistre les livres que je ne trouve ni dans le commerce ni dans les bibliothèques sonores. J'ai d'ailleurs proposé à une de ces bibliothèques de leur envoyer les livres qu'il enregistre, afin d'en faire profiter d'autres personnes, mais ils n'ont pas voulu, car mon mari n'enregistre pas au format DAISY, et pour cause : je déteste ce format soit-disant plus pratique. Je lis également en audio anglais (toujours le texte intégral). Je rêve que la France soit aussi prolifique en livres audio que les États-Unis !

B. d'O. : Quel est votre meilleur souvenir d'audio-lecture ?

E. : C'est sûrement lorsque je tombe sur un livre dont le texte et le lecteur sont en parfaite adéquation. Par exemple, pour moi, «Le jeu de l'ange» ne pourrait absolument pas être interprété par quelqu'un d'autre que Frédéric Meaux, ce serait presque une profanation. Idem pour «La petite fille qui aimait Tom Gordon» (qui est peut-être épuisé chez VDB, l'éditeur audio), que Frédérique Ribes a lu de manière remarquable. Idem quant à l'interprétation si juste de Guy Moign de «Thérapie» (de David Lodge) ou de «Le testament français» (d'Andreï Makine). Enfin, il me serait impossible de lire «Jane Eyre» interprété par quelqu'un d'autre que Mélodie Richard. Ce livre n'est pas facile à interpréter à voix haute, et la lecture de cette comédienne est parfaite. J'ai des souvenirs mémorables d'ouvrages lus par Éric Herson-Macarel (Livraphone / Sixtrid), Élodie Huber (Thélème), Yves Mugler (VDB), Valérie Charpinet (Livrior), Cachou Kirsch (Audiolib), Jean-Marc Delhausse (Audiolib), Jacques Frantz (Livraphone / Sixtrid), et d'autres. Mais n'oublions pas les lecteurs bénévoles qui sont moins connus du grand public, ce qui est logique. Je ne vous assommerai donc pas avec des noms, mais certains d'entre eux pourraient en remontrer à certains comédiens, et sans eux, les trois quarts de ce que je lis me seraient inaccessibles.

B. d'O. : Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un nouvel audio-lecteur ?

E. : Je lui dirais de suivre son instinct quant au choix du livre. Certains préfèrent prendre un livre qu'ils ont déjà lu en papier, d'autres veulent aller vers un auteur vers lequel ils n'iraient pas s'ils le lisaient en papier... Je lui dirais de ne pas se décourager si sa première tentative est un échec. Et surtout, qu'il n'hésite pas à abandonner un livre si ça ne va pas, et à en prendre un autre. Quant au lecteur, l'idéal serait d'en écouter plusieurs. Lorsqu'un lecteur ne me plaît pas, il m'est impossible de lire un ouvrage. Donc, il faudrait que le nouvel audio-lecteur puisse écouter plusieurs voix différentes avant d'arrêter son choix, sinon, il risque d'être écoeuré uniquement parce que le lecteur ne lui convient pas. Une de mes connaissances a écouté un extrait, le lecteur ne lui plaisait pas : elle a commencé par amalgamer lecture audio avec ce lecteur. C'est après qu'on en a discuté ensemble qu'elle a décidé qu'elle n'était pas contre un nouvel essai, avec une autre voix. L'une de mes amies ne peut pas se concentrer sur un livre audio. Je lui ai prêté un livre lu par une comédienne qu'ell a tout de suite appréciée (j'avais fait une séance «on écoute des extraits audio» avant), et elle a pu écouter une bonne partie du roman. Pour quelqu'un qui est totalement réfractaire à la lecture audio, c'est pas mal ! Voilà pourquoi je pense que le choix du lecteur est très important.

 


Nous remercions Elisabeth d'avoir pris le temps de répondre à nos questions. Vous pouvez retrouver cette audio-lectrice sur son blog Conduite en état livresquesur lequel elle chronique des livres.

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