Une autre vie est possible, de J-C. Guillebaud

Écrivain et grand reporter au journal Le Monde, Jean-Claude Guillebaud a voyagé une vie durant à la rencontre de victimes de guerres, de famines, de drames écologiques. Au retour de ses voyages, il s'attaque au mal qui ronge le monde occidental : la religion du pessimisme.

Nos mentalités au macroscope : de quoi se plaint-on ?

« Comment retrouver l'espérance ? », tel est le sous-titre du livre aussi important que le titre, précise Jean-Claude Guillebaud dans l'entretien « bonus » proposé par l'éditeur. Le cri de colère de Jean-Claude Guillebaud est né au retour de voyages en Asie. À peine revenu à Paris, il retrouve une sinistrose, une fatigue, un pessimisme qui suinte de partout. Pire, il lui semble que seuls les porteurs de catastrophe parviennent à trouver crédit au sein du microcosme médiatique. Exaspéré par la complaisance pour le pessimisme érigée en véritable Église en Europe et particulièrement en France, il s'attaque à provoquer avec ce livre un temps de répit, et un mouvement de réaction.

Le XXième siècle nous a plongé dans un somnambulisme découragé.

Véritable colonne vertébrale de la psychologie de masse actuelle, cette tendance est le fruit d'une conjuration de facteurs historiques : remontant à la guerre 14-18, relayé par la dictature soviétique « qui a dévoyé l'aspiration à l'égalité » des hommes, puis par l'Hitlérisme qui a réduit au néant tout volonté de changer l'histoire. Achevant un XXième siècle de désillusions, la crise au long cours que nous traversons nous enfonce la tête dans ce pessimisme : capitalisme sans tête, endettement record, chomâge de masse. Il ne nous reste que la fuite dans la futilité sans lendemain.

La crise, c'est l'occasion d'en sortir

Jean-Claude Guillebaud nous ouvre les yeux sur le mot même que nous choisissons pour nommer cette ère de marasme : crise. Ce mot évoque un état transitoire, une déconvenue impliquant un retour à la normale, or la crise n'a pas de sortie sans un vrai changement de perspectives. C'est justement le bon moment pour prendre du recul et nous projeter dans un renouveau par la pensée et par les actes. Plusieurs tournant (écologique, mondialiste, informationnel) permettent de tourner la page du pessimisme anesthésiant.

Pour une communauté comme pour un individu, l'espérance n'est pas seulement reçue, elle est décidée. En nous souvenant des grands « optimistes » de jadis qui ont été capables de faire bouger l'Histoire, il nous incombe aujourd'hui d'être aussi joyeux et aussi déterminés qu'ils l'étaient eux-mêmes.

Des pistes de réflexion et d'ouverture

Loin d'une attitude béate et sans complaisance avec ses contemporains, Jean-Claude Guillebaud reproche aux intellectuels d'avoir déserté le terrain des utopies lorsque celles du siècle précédent se sont éteintes. Pas de trace non plus des lendemains qui chantent dans les programmes des forces de gauche, accusées d'avoir abandonné la cause des plus pauvres au profits de combats plus individualistes que collectifs.

Extrêmement riche de références économiques, sociales, philosophiques, ce livre est également jalonné d'un cheminement spirituel allant bien au délà de la sphère chrétienne. Les références au judaïsme, notamment, permettent de faire naître un nouveau sens de l'optimisme, non plus défensif mais véritablement stratégique.

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