San-Antonio et la folie des glandeurs

Cette seconde adaptation de Fréderic Dard par RoadBook pousse un peu plus loin le concept de film audio. Attention ça éclabousse.

Le tube de l'été

Sortir cette adaptation de San-Antonio : La Rate au court-bouillon en plein été 2013 est une bonne idée : c'est une histoire qui a pour cadre tous les lieux de farniente imaginables : plage de sable fin, yachts, casinos, hôtel de luxe, piscines, barrière de corail, etc. Pour les fans de livres audio qui en étaient restés à Bellecombe dans la France profonde, ça vaut le voyage.

On retrouve Jean-Yves Lafesse dans la peau du flegmatique San Antonio, étonnant de justesse et de nuances. C'est en suivant son penchant pour la séduction que le héros se retrouve embarqué, en tant que garde du corps incognito, vers une île privée faussement paradisiaque aménagée par le milliardaire Okapis. Un petit aréopage de têtes couronnées, jetsetteurs et mondains décadents (avec des noms que Goscinny n'aurait pas renié) s'y retrouve coupé du monde et bientôt tenus en otage par le mystérieux commando "Z". Cerise sur le gâteau, l'île est sous la menace d'une explosion atomique, celle des pires cauchemards de la guerre froide (le roman date de 1965).

Pour mener l'enquête et sauver ce bagne de "happy fews" avant la fin du compte à rebours, San Antonio peut compter sur son indécrottable Bérurier toujours incarné par le flamboyant Patrick Poivey, qui achève de nous prouver qu'il sait jouer bien d'autres voix que celle de Bruce Willis. On écoute toujours aussi religieusement "le gros" qui régale le beau monde de ses éructations, expressions tordues et contrepèteries. Il est peut-être moins présent que dans le précédent opus de San Antonio adapté par RoadBook mais on perçoit bien le bruit et l'odeur.

Le décor sonore au cœur de l'action

La densité comique et dramatique est ici poussée un cran plus loin et donne à entendre un travail de création sonore foisonnant. Certains noeuds de l'histoire sont même traduits uniquement par les effets sonores et les bruitages. On peut douter que ces passages resteront compréhensibles pour les oreilles distraites, mais pour les autres, ça devrait fonctionner plutôt très bien.

Une musique indécente ?

La musique de ce livre audio, signé par le compositeur Hervé Rakotofiringa, dégouline d'oisiveté ensoleillée, sauce vintage : soul érotique et poisseuse, mambo de cocktail gimmicks funk alanguis, sans oublier les indispensables rythmiques de congas pour les scènes d'action. Les clins d'oeil musicaux à James Bond période "Goldfinger" font partie du package, l'humour en plus. On notera le soin particulier apporté à l'évocation des personnages féminins : la vénéneuse épouse du vieil Okapis, prénommée Eczéma, sa fille la belle Antigone, et la non moins milliardaire Gloria Victis alias l'agent secret OSS 116.

Bon kidnapping !

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