Interview de Romuald Reber, auteur

Romuald Reber, auteur auto-édité de trois ouvrages disponibles en format papier, ebook et audio, s'est prêté au jeu des questions-réponses dans le cadre de "Juin, le Mois du Livre Audio".

Book d'Oreille : En tant qu'auteur, pourquoi la Science-Fiction ?
Romuald Reber : Quand je me suis décidé à écrire, j'ai choisi le genre Science-Fiction car il me semblait que c'était celui où je pouvais laisser aller mon imagination sans aucune autre limite que les miennes. C'était le bon choix. Je vois l'écriture comme un espace de liberté.

B. d'O. : Qu'est-ce qui vous inspire ?
R. R. : Certains thèmes d'actualités qui touchent aux questions de fond et de société : la sécurité, l'environnement et notre rapport à la nature. Ces réflexions ont donné Prime de vie et Le très grand nettoyage. Ce que nous vivons avec l'apparition d'internet, la nanotechnologie, les énergies renouvelables et leurs impacts futurs sur la société, l'astronomie et l'espace. L'humain surtout dans son ensemble et son questionnement, comme le bien et le mal, son début et sa fin aussi. Rayonnement parle de la fin du soleil comme thème principal, mais cela passe inexorablement par la question de la fin de l'humanité, s'il y en a une... Mais ce n'est pas une liste exhaustive de mes centres d'intérêts, j'en ai plein d'autres.
En terme d'auteurs, je parlerai plus d'inspirations que de références. Entre autres, j'ai beaucoup aimé les livres d'Émile Zola, c'est peut-être l'auteur qui m'a le plus impressionné à ce jour. J.R.R. Tolkien, Arthur C. Clark dans un autre genre. Les comics américains comme "Strange", "Marvel". Pierre Manent et Michel Serre dans un autre registre. Je lis aussi des livres sur le cerveau, le bio-mimétisme et la course à pied... enfin sur tout pourrait-t-on dire.
Le cinéma m'inspire beaucoup également. Mes propres expériences de vie ou celles d'autres aussi. Dans ma liste de livre à lire, Cell de Stephen King, The wars of the Bruces, un livre historique, et un livre audio : Histoire d'O en français qui vient de sortir en ce mois de juin 2013.

B. d'O. : Quels sont les spécificités du genre en terme d'écriture ?
R. R. : J'essaie de faire voyager ceux qui me lisent, que ce soit en terme géographique ou émotionnel. Je voyage de temps à autre près de la frontière métaphysique. Je pose des questions par moment, sans vraiment donner de réponse, car je n'ai pas cette prétention après tout. Je ne sais pas quelles sont les spécificités de la Science-Fiction, je crois qu'il n'y en a pas. C'est cela le monde de l'imaginaire.

B. d'O. : En tant qu'auteur auto-édité, pourquoi avoir choisi de décliner vos livres en différents supports (ebook/audio) ?
R. R. : J'ai choisi trois supports pour être précis ; le papier, l'ebook et le livre audio pour toucher le plus de gens possibles. La question est, pourquoi se limiter ? Nous sommes en 2013, presque que tout le monde, "ceux qui ont de la chance", aujourd'hui possède un smartphone, une tablette ou un ordinateur. En tant qu'éditeur, je ne comprends pas la question, elle ne devrait plus se poser. Et d'après ce que je vois, elle se pose de moins en moins.

B. d'O. : Quels sont les avantages de l'un et l'autre ?
R. R. : Le livre papier a encore son rôle à jouer pour beaucoup d'utilisation. Je n'ai rien contre si ce n'est que ça prend de la place avec les années. Tout le monde ne dispose pas de cent mètres d'étagères pour stocker ses lectures, et des livres dans un carton, c'est tellement triste.
Pour la littérature, les médias mobiles sont vraiment un plus. Même moi, qui ne suit pas de la dernière génération "geek", je me suis mis à l'ebook depuis que j'ai ma tablette. J'ai simplement triplé mon rythme de lecture.
Le livre audio, c'est le cinéma dans les oreilles. Il y en a avec de l'ambiance et enrobé dans une atmosphère avec beaucoup d'émotions, d'autres avec une ambiance plus classique où seul le ton et la voix de la narratrice/eur anime l'histoire. Dans tous les cas, c'est une ambiance autre que celle que son imagination pourrait produire. De plus, pour les gens qui ont la flemme de lire, c'est aussi un moyen de rattraper le temps perdu.

B. d'O. : Y-a-t-il un support destiné à un type de lecteur en particulier ?
R. R. : Ces trois supports ne sont pas antagonistes à mon avis. Chacun doit faire son expérience avec ces médias, puisque l'on a le choix maintenant.
Je prends un exemple. Je suis en train de lire une trilogie classique du genre fantasy. Ce livre est une édition soignée pour une date anniversaire. Le livre est très beau, avec une couverture en cuir et un coffret de rangement. Il fait 900 pages et pèse son poids au sens propre comme au sens figuré. Quand vous le lisez couché, il faut quand même de bons poignets pour le tenir, sinon, vous risquez de vous abîmer le nez. Ce n'est pas pour tout le monde à mon avis. De plus, je n'oserai pas le lire dans mon bain, ni avec un ebook d'ailleurs. Les deux formats supportent mal l'eau. Par contre, l'écouter en livre audio avec de bons haut-parleurs, même dans le bain, ne pose aucun problème.

B. d'O. : Qu'apporte la version audio à vos livres ?
R. R. : Je crois que la version audio apporte à mes histoires deux choses principales. Le jeu de la narratrice ou du narrateur ajoute de l'émotion à mes mots. Les accompagnements sonores enrobent l'histoire et donnent une ambiance très proche de celle d'un film cinématographique, style grand spectacle. Attention, il y a aussi des espaces de silence. La bonne recette, c'est le dosage je pense. C'est en tous les cas comme cela que nous avons, moi-même et le studio Impact Audio, voulu leur réalisation.

B. d'O. : Est-ce que cela influence votre manière d'écrire ?
R. R. : Non, je m'y refuse, bien que le producteur me challenge souvent, en me disant "la prochaine fois, pourrais-tu choisir des noms de personnages plus faciles à prononcer, ou écrire des phrases avec des liaisons moins tordues". C'était le cas de Rayonnement, dans lequel j'ai dû inventer les noms des personnages et planètes, étant donné que l'histoire se passe dans un avenir très lointain. Cependant, lorsque j'écris, je visualise beaucoup, donc, mes histoires se prêtent assez bien à cet exercice. Une actrice ou un acteur s'y retrouve assez facilement. C'est en tous les cas, une des critiques que l'on me fait souvent. On m'a souvent dit que l'on pourrait facilement en faire un film. C'est peut-être la prochaine étape ?
Il faut ajouter, que la réalisation d'une version audio de son histoire, et cette fois c'est l'auteur qui parle, c'est une nouvelle expérience créatrice, même si vous n'agissez pratiquement pas sur votre création. Dès les premières phrases lues, vous vous apercevez très vite si votre histoire a été comprise comme vous l'espériez par la narratrice ou le narrateur. C'est grisant.


Nous remercions Romual Reber d'avoir pris le temps de répondre à nos questions. Pouvoir en savoir plus, retrouvez ses livres dans notre catalogue.

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