Pierre Arditi, de la Terre à la Lune

Parrain du Prix du Livre audio, en scène lisant Jules Verne et bientôt à Toulouse pour le Marathon des mots : Pierre Arditi se fait le héros de la lecture à voix haute.

Quel est l'intérêt, pour un comédien, de lire ainsi des textes en public ?
Il s'agit de revenir à la fonction première de notre métier : parler aux autres. Au cours d'une lecture, on s'adresse dans le plus simple appareil à des gens qui nous écoutent. Cela me ramène aussi à ma petite enfance, quand à l'époque on me lisait à voix haute les histoires qui musclaient mon imaginaire. Maintenant, c'est moi qui raconte.

Par le passé, vous avez ainsi lu du Aragon, du Dumas...
Ça me plaît beaucoup, oui, d'incarner un texte que je ne connais pas forcément par cœur, dans l'immédiateté, en donnant l'impression qu'il s'agit d'un premier jet.

Pourquoi avoir choisi, pour Lyon, des extraits du Voyage au centre de la Terre de Jules Verne ?
On ne me fera pas lire des choses que je n'ai pas envie de lire, bien sûr. Mais ces textes-ci, je ne les ai pas directement choisis, même si je les apprécie. D'ailleurs, l'exercice n'est pas commode, c'est assez technique, il faut être bien concentré. Mais ce roman d'aventure, un peu fantastique, s'adresse à tous, y compris aux plus jeunes.

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Est également parue en février, chez Audiolib, votre lecture du dernier livre de Philippe Delerm, Je vais passer pour un vieux con...
J'allais vous en parler. Il s'agit d'un texte absolument formidable, et j'ai l'intention de faire de même prochainement avec L'Envol (éditions du Rocher, 1995) et La première gorgée de bière (Gallimard, 1997), du même auteur.

Votre répertoire, en lecture comme au théâtre, mélange le classique, des auteurs plus récents, voire très contemporains comme Florian Zeller ou, ici, Philippe Delerm. Pourquoi ?
Je ne veux pas me contenter d'être un conservatoire national des œuvres écrites il y a des siècles ! J'ai envie aussi de découvrir des auteurs vivants. Quand je choisis des choses, je fais en sorte qu'elle soient variées, différentes, de ne pas me cantonner dans un genre donné. L'avantage du théâtre par rapport au cinéma, c'est qu'on vous autorise plus volontiers à aller à droite, à gauche dans la palette qui est la vôtre. Or, on est responsable en grande partie de ce qui nous arrive : si on vous enferme dans une catégorie donnée, vous y êtes un peu pour quelque chose.

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Pierre Arditi fera une lecture de Voyage au centre de la terre de Jules Verne, le samedi 1er juin, à 16h30, aux Subsistances, à Lyon. Du 27 mai au 2 juin.

Source : TGV Magazine de mai 2013

Propos recueillis par François Perrin pour TGV magazine.

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